Magazine
January 3, 2022

Peut-on déconstruire nos croyances numériques ?

« Le mythe, écrivait Barthes, est un système de communication. » Soixante dix ans après avoir décrypté pour nous le sens véritable du steak frites, de la CitroënDS et du catcheur, les mythologies ont changé mais la gymnastique intellectuelle nécessaire pour déconstruire les évidences d'une époque n'a pas pris une ride.

A force d'esthétiser l'avenir, nous avons fini par nous convaincre que la fiction était prémonitoire et qu'elle justifie la société qui se construit sous nos yeux comme étant le seul chemin possible.

Tandis que 2022 pointe le bout de son nez, la promesse d'un monde entièrement virtuel ou géré par des algorithmes semble désormais presque aller de soi. Que le fondateur de Facebook s'en charge à l’aide du Métaverse ou d’un web 3.0 irait même dans le sens de l'histoire. Des milliers de récits, de films nous ont façonné l'imaginaire avec des icônes de milliardaires mégalomanes capables de transformer le monde en appuyant sur un bouton. A force d'esthétiser l'avenir, nous avons fini par nous convaincre que la fiction était prémonitoire et qu'elle justifie la société qui se construit sous nos yeux comme étant le seul chemin possible.

Le storytelling, c'est l'art d'élaborer des récits suffisamment séduisants pour rendre, a posteriori, l'apparition de toute chose inéluctable.

Car le marketing moderne a donné le coup de grâce aux grandes idéologies du XXè siècle en s'appuyant sur la force de nos imaginaires pour raconter une histoire compatible avec des enjeux de croissance. Le storytelling, c'est l'art d'élaborer des récits suffisamment séduisants pour rendre, a posteriori, l'apparition de toute chose inéluctable. Le discours quasi consensuel sur la nécessaire accélération de la transformation numérique de nos modes de vie n’échappe pas à ce processus. Le télétravail, la transformation digitale de l'entreprise et des services publics, Zoom, Linky, la 5G, les cryptomonnaies, les données de santé, l'uberisation, la startup nation... Au fond tous ces concepts reposent sur une idée linéaire du progrès qui érige la technologie comme une sorte de remède miracle à tous nos maux que la crise du COVID et le dérèglement climatique ne font qu'accentuer. L'hyperconnexion de l'existence au nom de l'efficience avance ainsi par vagues que nous surfons sans toujours être en mesure de juger s'il n'aurait pas été préférable de la laisser passer. 

Pourtant, sans choix de société réfléchis, toute idéologie de progrès n'est qu'une fuite en avant. A l'heure où l'accélération du monde et l’hyper interconnexion des enjeux rend toute approche critique terriblement complexe, s'offrir le temps pour déconstruire les lieux communs n'a jamais semblé si nécessaire. Quant à se demander pourquoi ? A Barthes de répondre en lui empruntant la réplique : "Rendre compte en détail de la mystification qui transforme la culture petite-bourgeoise en nature universelle". 

Tout au long de l’année 2021, le Collège des Bernardins et Ouishare se sont associés pour questionner notre rapport à la numérisation de nos modes de vie.  Nous vous donnons rendez-vous le 26 janvier 2022 de 10h à 20h pour une journée de rencontres, de conférences, d'ateliers et de débats autour du thème : Croyances numériques : les imaginaires technologiques à l’épreuve du réel.

Au programme :

9h - 13h : Dématérialiser le monde pour conserver du lien ?

13h - 14h : Pause déjeuner dans la nef

14h - 18h : Du progrès technique pour sauver la planète ?

18h - 21h : Numérique : accélérer, mais pour aller où ?

21h - 22h : Cocktail


Inscription gratuite mais nécessaire sur le
site du Collège des Bernardins.


Peut-on déconstruire nos croyances numériques ?

by 
Marc-Arthur Gauthey
Magazine
January 3, 2022
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Depuis un an, Ouishare et le Collège des Bernardins interrogent nos représentations d'une transition qui semble inéluctable. Mais où allons-nous ? Et où souhaitons-nous aller ?

« Le mythe, écrivait Barthes, est un système de communication. » Soixante dix ans après avoir décrypté pour nous le sens véritable du steak frites, de la CitroënDS et du catcheur, les mythologies ont changé mais la gymnastique intellectuelle nécessaire pour déconstruire les évidences d'une époque n'a pas pris une ride.

A force d'esthétiser l'avenir, nous avons fini par nous convaincre que la fiction était prémonitoire et qu'elle justifie la société qui se construit sous nos yeux comme étant le seul chemin possible.

Tandis que 2022 pointe le bout de son nez, la promesse d'un monde entièrement virtuel ou géré par des algorithmes semble désormais presque aller de soi. Que le fondateur de Facebook s'en charge à l’aide du Métaverse ou d’un web 3.0 irait même dans le sens de l'histoire. Des milliers de récits, de films nous ont façonné l'imaginaire avec des icônes de milliardaires mégalomanes capables de transformer le monde en appuyant sur un bouton. A force d'esthétiser l'avenir, nous avons fini par nous convaincre que la fiction était prémonitoire et qu'elle justifie la société qui se construit sous nos yeux comme étant le seul chemin possible.

Le storytelling, c'est l'art d'élaborer des récits suffisamment séduisants pour rendre, a posteriori, l'apparition de toute chose inéluctable.

Car le marketing moderne a donné le coup de grâce aux grandes idéologies du XXè siècle en s'appuyant sur la force de nos imaginaires pour raconter une histoire compatible avec des enjeux de croissance. Le storytelling, c'est l'art d'élaborer des récits suffisamment séduisants pour rendre, a posteriori, l'apparition de toute chose inéluctable. Le discours quasi consensuel sur la nécessaire accélération de la transformation numérique de nos modes de vie n’échappe pas à ce processus. Le télétravail, la transformation digitale de l'entreprise et des services publics, Zoom, Linky, la 5G, les cryptomonnaies, les données de santé, l'uberisation, la startup nation... Au fond tous ces concepts reposent sur une idée linéaire du progrès qui érige la technologie comme une sorte de remède miracle à tous nos maux que la crise du COVID et le dérèglement climatique ne font qu'accentuer. L'hyperconnexion de l'existence au nom de l'efficience avance ainsi par vagues que nous surfons sans toujours être en mesure de juger s'il n'aurait pas été préférable de la laisser passer. 

Pourtant, sans choix de société réfléchis, toute idéologie de progrès n'est qu'une fuite en avant. A l'heure où l'accélération du monde et l’hyper interconnexion des enjeux rend toute approche critique terriblement complexe, s'offrir le temps pour déconstruire les lieux communs n'a jamais semblé si nécessaire. Quant à se demander pourquoi ? A Barthes de répondre en lui empruntant la réplique : "Rendre compte en détail de la mystification qui transforme la culture petite-bourgeoise en nature universelle". 

Tout au long de l’année 2021, le Collège des Bernardins et Ouishare se sont associés pour questionner notre rapport à la numérisation de nos modes de vie.  Nous vous donnons rendez-vous le 26 janvier 2022 de 10h à 20h pour une journée de rencontres, de conférences, d'ateliers et de débats autour du thème : Croyances numériques : les imaginaires technologiques à l’épreuve du réel.

Au programme :

9h - 13h : Dématérialiser le monde pour conserver du lien ?

13h - 14h : Pause déjeuner dans la nef

14h - 18h : Du progrès technique pour sauver la planète ?

18h - 21h : Numérique : accélérer, mais pour aller où ?

21h - 22h : Cocktail


Inscription gratuite mais nécessaire sur le
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Marc-Arthur Gauthey
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January 3, 2022

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« Le mythe, écrivait Barthes, est un système de communication. » Soixante dix ans après avoir décrypté pour nous le sens véritable du steak frites, de la CitroënDS et du catcheur, les mythologies ont changé mais la gymnastique intellectuelle nécessaire pour déconstruire les évidences d'une époque n'a pas pris une ride.

A force d'esthétiser l'avenir, nous avons fini par nous convaincre que la fiction était prémonitoire et qu'elle justifie la société qui se construit sous nos yeux comme étant le seul chemin possible.

Tandis que 2022 pointe le bout de son nez, la promesse d'un monde entièrement virtuel ou géré par des algorithmes semble désormais presque aller de soi. Que le fondateur de Facebook s'en charge à l’aide du Métaverse ou d’un web 3.0 irait même dans le sens de l'histoire. Des milliers de récits, de films nous ont façonné l'imaginaire avec des icônes de milliardaires mégalomanes capables de transformer le monde en appuyant sur un bouton. A force d'esthétiser l'avenir, nous avons fini par nous convaincre que la fiction était prémonitoire et qu'elle justifie la société qui se construit sous nos yeux comme étant le seul chemin possible.

Le storytelling, c'est l'art d'élaborer des récits suffisamment séduisants pour rendre, a posteriori, l'apparition de toute chose inéluctable.

Car le marketing moderne a donné le coup de grâce aux grandes idéologies du XXè siècle en s'appuyant sur la force de nos imaginaires pour raconter une histoire compatible avec des enjeux de croissance. Le storytelling, c'est l'art d'élaborer des récits suffisamment séduisants pour rendre, a posteriori, l'apparition de toute chose inéluctable. Le discours quasi consensuel sur la nécessaire accélération de la transformation numérique de nos modes de vie n’échappe pas à ce processus. Le télétravail, la transformation digitale de l'entreprise et des services publics, Zoom, Linky, la 5G, les cryptomonnaies, les données de santé, l'uberisation, la startup nation... Au fond tous ces concepts reposent sur une idée linéaire du progrès qui érige la technologie comme une sorte de remède miracle à tous nos maux que la crise du COVID et le dérèglement climatique ne font qu'accentuer. L'hyperconnexion de l'existence au nom de l'efficience avance ainsi par vagues que nous surfons sans toujours être en mesure de juger s'il n'aurait pas été préférable de la laisser passer. 

Pourtant, sans choix de société réfléchis, toute idéologie de progrès n'est qu'une fuite en avant. A l'heure où l'accélération du monde et l’hyper interconnexion des enjeux rend toute approche critique terriblement complexe, s'offrir le temps pour déconstruire les lieux communs n'a jamais semblé si nécessaire. Quant à se demander pourquoi ? A Barthes de répondre en lui empruntant la réplique : "Rendre compte en détail de la mystification qui transforme la culture petite-bourgeoise en nature universelle". 

Tout au long de l’année 2021, le Collège des Bernardins et Ouishare se sont associés pour questionner notre rapport à la numérisation de nos modes de vie.  Nous vous donnons rendez-vous le 26 janvier 2022 de 10h à 20h pour une journée de rencontres, de conférences, d'ateliers et de débats autour du thème : Croyances numériques : les imaginaires technologiques à l’épreuve du réel.

Au programme :

9h - 13h : Dématérialiser le monde pour conserver du lien ?

13h - 14h : Pause déjeuner dans la nef

14h - 18h : Du progrès technique pour sauver la planète ?

18h - 21h : Numérique : accélérer, mais pour aller où ?

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